Maladie et perte de revenu : faut-il attendre d’avoir besoin d’un GoFundMe?


Une maladie grave ne touche pas seulement la santé. Lorsqu’elle empêche une personne de travailler pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, elle peut également avoir des conséquences importantes sur les finances du ménage.
Salaire réduit ou interrompu, dépenses courantes qui continuent, frais supplémentaires liés à la situation : certaines familles se tournent alors vers une campagne GoFundMe pour faire face à une perte de revenu liée à la maladie.
Ces élans de solidarité peuvent apporter une aide précieuse. Mais ils soulèvent aussi une question : quelles protections financières existent lorsqu’une maladie nous empêche de travailler?
Au Québec, différentes sources de protection peuvent entrer en jeu selon la situation : congés de maladie de l'employeur, assurance collective, assurance invalidité individuelle, prestations de maladie de l'assurance-emploi ou, dans certaines situations de longue durée, prestations d'invalidité du Régime de rentes du Québec.
Les connaître avant d'en avoir besoin permet surtout de comprendre quelle partie de son revenu serait réellement protégée en cas d'arrêt de travail.
Dans cet article, découvrez :
Pourquoi une maladie peut-elle entraîner une perte de revenu importante?
Lorsqu'une maladie empêche une personne de travailler, certaines dépenses peuvent diminuer, mais une grande partie du budget familial demeure : logement, alimentation, électricité, transport, dettes et autres engagements financiers.
À cela peuvent s'ajouter des dépenses inhabituelles liées à la maladie.
La question n'est donc pas uniquement de savoir si l'on dispose d'épargne, mais aussi de déterminer combien de temps le ménage pourrait fonctionner si une partie de son revenu disparaissait.
La réponse dépend beaucoup de la situation professionnelle.
Un salarié bénéficiant d'une assurance invalidité collective n'a pas nécessairement les mêmes protections qu'un salarié sans régime collectif ou qu'un travailleur autonome.
Que verse l’assurance-emploi en cas de maladie en 2026?
Les prestations de maladie de l'assurance-emploi peuvent fournir jusqu'à 26 semaines d'aide financière à une personne admissible qui ne peut pas travailler pour des raisons médicales.
En 2026, le taux de base correspond à 55 % de la rémunération hebdomadaire assurable moyenne, jusqu'à un maximum de 729 $ par semaine.
Des conditions d'admissibilité s'appliquent. Il faut notamment démontrer que l'on est incapable de travailler pour des raisons médicales, que la rémunération hebdomadaire normale a diminué de plus de 40 % pendant au moins une semaine et, généralement, avoir accumulé 600 heures d'emploi assurable durant la période de référence.
Ces prestations constituent donc un filet de sécurité public important, mais elles ne remplacent pas nécessairement la totalité du revenu antérieur.
Le gouvernement recommande d'ailleurs de vérifier d'abord si l'employeur offre des congés de maladie payés ou un régime d'assurance invalidité de courte durée.
Comment fonctionne l’assurance invalidité en cas de maladie?
L'assurance invalidité, parfois appelée assurance salaire, vise à remplacer une partie du revenu lorsqu'une maladie ou une blessure empêche une personne de travailler selon les conditions prévues au contrat.
Elle peut être offerte dans le cadre d'une assurance collective ou être souscrite individuellement. L'AMF précise notamment qu'une assurance individuelle peut convenir aux travailleurs qui ne disposent pas d'une assurance invalidité collective ou qui souhaitent compléter une protection existante.
Mais toutes les assurances invalidité ne sont pas identiques.
La définition de l'invalidité prévue au contrat est particulièrement importante. Certains contrats peuvent considérer l'incapacité d'exercer son emploi habituel alors que d'autres utilisent des critères différents.
Il faut également regarder le délai de carence, soit la période pendant laquelle une personne peut être invalide sans encore recevoir de prestations, ainsi que la durée maximale des prestations et les autres conditions ou exclusions du contrat.
Posséder une assurance invalidité ne signifie donc pas automatiquement que toutes les situations d'arrêt de travail seront couvertes.
Quelle différence entre assurance invalidité et assurance maladies graves?
Ces deux protections répondent à des besoins différents.
L'assurance invalidité vise principalement la perte de revenu causée par une incapacité à travailler répondant à la définition du contrat.
L'assurance maladies graves prévoit plutôt le versement d'une somme déterminée lorsque l'assuré reçoit le diagnostic d'une maladie couverte et respecte les conditions prévues au contrat.
L'AMF rappelle que la maladie doit correspondre précisément à la définition du contrat pour que la prestation soit payable. Une période de survie peut également être prévue. Lorsque la prestation est versée, la somme peut généralement être utilisée selon les besoins de l'assuré.
Une personne pourrait donc recevoir une prestation d'assurance maladies graves tout en étant capable de travailler. À l'inverse, une maladie qui empêche de travailler ne donne pas nécessairement droit à une prestation de maladies graves.
L'AMF indique d'ailleurs que lorsqu'on cherche spécifiquement une protection contre une maladie empêchant de travailler, c'est plutôt du côté de l'assurance invalidité qu'il faut regarder, en vérifiant attentivement les conditions du contrat.
Les travailleurs autonomes sont-ils protégés en cas de maladie?
La question mérite une attention particulière.
Un travailleur autonome ne bénéficie pas automatiquement du régime collectif d'un employeur.
Il peut souscrire une assurance invalidité individuelle. L'AMF cite précisément les travailleurs autonomes parmi les personnes auxquelles ce type de protection peut s'adresser.
Il existe également un programme permettant aux travailleurs autonomes de s'inscrire aux prestations spéciales de l'assurance-emploi, sous réserve des conditions applicables. Ces prestations comprennent notamment les prestations de maladie pouvant atteindre 26 semaines.
La situation d'un travailleur autonome doit donc être examinée individuellement : revenus, dépenses personnelles et professionnelles, épargne disponible, protections publiques auxquelles il est admissible et assurances déjà détenues.
Qu’arrive-t-il lorsqu’une invalidité se prolonge?
Pour une incapacité grave et permanente, d'autres programmes publics peuvent éventuellement entrer en jeu.
Au Québec, le Régime de rentes du Québec (RRQ) prévoit des prestations d'invalidité pour les personnes qui remplissent les critères applicables.
Il faut notamment avoir une invalidité grave et permanente reconnue par Retraite Québec, avoir suffisamment cotisé au RRQ et satisfaire aux autres conditions du régime.
Cette protection ne doit donc pas être confondue avec une assurance invalidité privée ou collective.
Elle constitue plutôt l'un des différents éléments du filet de sécurité qui peuvent exister lorsqu'une incapacité répond aux critères du régime public.
Pourquoi GoFundMe ne remplace-t-il pas une protection financière?
Une campagne de sociofinancement peut mobiliser rapidement une famille, des amis, des collègues ou une communauté lorsqu'une personne traverse une situation difficile.
Mais le résultat d'une campagne demeure imprévisible.
Le montant recueilli dépend notamment du réseau de la personne, de la visibilité de la campagne et de la générosité des donateurs. Il n'existe aucune garantie que les sommes recueillies correspondront aux besoins financiers créés par plusieurs mois d'arrêt de travail.
Il faut également distinguer une contribution à une cagnotte personnelle d'un don de bienfaisance donnant droit à un crédit d'impôt. Pour réclamer un crédit pour don, l'ARC exige notamment que le don soit fait à un organisme de bienfaisance enregistré ou à un autre donataire reconnu et qu'un reçu officiel admissible soit délivré. Une contribution destinée directement à une personne ne répond donc pas automatiquement à ces conditions.
GoFundMe peut ainsi constituer une forme de solidarité lorsque survient une épreuve, mais il ne devrait pas être présenté comme l'équivalent d'une assurance ou d'un revenu garanti.
Comment savoir si votre revenu est suffisamment protégé?
Une bonne première étape consiste simplement à faire l'inventaire de ce qui existe déjà.
Si vous deviez arrêter de travailler demain, quel revenu continueriez-vous à recevoir? Pendant combien de temps? Votre employeur offre-t-il des congés de maladie? Avez-vous une assurance invalidité collective? Quel pourcentage du revenu couvre-t-elle? Quel est son délai de carence? Jusqu'à quand les prestations peuvent-elles être versées?
Il faut ensuite comparer ces protections aux dépenses que le ménage devrait continuer d'assumer.
L'objectif n'est pas nécessairement de multiplier les assurances. L'AMF recommande d'ailleurs de connaître les protections déjà détenues et leurs limites; une couverture complémentaire peut être envisagée lorsque la protection collective est jugée insuffisante.
Cette analyse permet surtout de repérer un éventuel écart entre les besoins financiers et les protections disponibles.
Comment Actif santé financière peut-il vous accompagner?
Chez Actif santé financière, nous commençons par comprendre votre situation et les protections dont vous disposez déjà.
Nos conseillers en sécurité financière peuvent notamment examiner avec vous vos besoins en assurance de personnes et vous expliquer les caractéristiques des protections envisagées : montant de couverture, délai de carence, durée des prestations, définition de l'invalidité et principales conditions du contrat.
L'objectif n'est pas de considérer qu'une assurance est nécessaire dans toutes les situations, mais de déterminer ce qui arriverait financièrement si une maladie ou une blessure vous empêchait de travailler.
Une campagne de sociofinancement peut témoigner d'une solidarité remarquable lorsqu'une épreuve survient. Mais lorsqu'il s'agit de protéger son revenu, mieux vaut connaître à l'avance les ressources sur lesquelles on pourrait réellement compter.
Les renseignements présentés dans cet article sont de nature générale et ne constituent pas des conseils personnalisés en matière d'assurance ou de finances. Les protections, exclusions, délais de carence et conditions d'admissibilité varient selon les contrats et les régimes. Un conseiller en sécurité financière peut analyser les besoins en assurance de personnes selon la situation du client.


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