Aider son ado à investir : par où commencer au Québec?


Aider son ado à investir ne signifie pas nécessairement lui ouvrir immédiatement un compte de courtage ou lui faire choisir des actions. Avant même de parler de rendement, l’objectif peut être de lui apprendre à épargner, à distinguer un besoin d’une envie, à comprendre le risque et à associer son argent à des projets concrets.
Au Québec, les possibilités évoluent aussi avec l’âge. Avant 18 ans, un jeune n’a notamment pas encore accès à son propre CELI. À partir de 18 ans, de nouvelles options deviennent accessibles, dont le CELI et, lorsqu’il répond aux conditions d’admissibilité, le CELIAPP.
Le REEE mérite également d’être considéré lorsque l’objectif concerne les études postsecondaires, puisqu’il peut donner accès à des incitatifs gouvernementaux.
L’enjeu n’est donc pas de trouver « le meilleur placement pour un ado », mais de déterminer quel outil correspond à son âge, à son projet, à son horizon et au niveau de risque approprié.
Dans cet article, découvrez :
Pourquoi apprendre à investir à son ado?
L’adolescence peut être un bon moment pour commencer à développer des habitudes financières.
Un premier emploi, de l’argent reçu à Noël ou à un anniversaire, une allocation ou des économies accumulées au fil du temps peuvent devenir des occasions d’aborder des notions concrètes.
Avant même d’investir, un jeune peut apprendre à répartir son argent entre dépenses, épargne à court terme et projets à plus long terme.
C’est aussi l’occasion d’expliquer une notion fondamentale : investir comporte généralement une part de risque. La valeur d’un placement peut augmenter, mais également diminuer.
L’objectif pédagogique n’est donc pas de faire croire qu’investir tôt garantit un résultat financier futur. Il est plutôt d’aider le jeune à comprendre le lien entre temps, rendement potentiel, risque et objectifs financiers.
Comment un ado peut-il commencer à épargner ou investir avant 18 ans?
Avant 18 ans, les possibilités ne sont pas les mêmes que pour un adulte.
Un jeune peut commencer simplement avec un compte d’épargne afin de mettre de côté une partie de ses revenus ou des sommes qu’il reçoit.
Cette première étape peut sembler moins attrayante que l’achat d’actions ou de fonds, mais elle permet d’acquérir plusieurs réflexes utiles : épargner régulièrement, suivre son solde, prévoir une dépense future et comprendre les intérêts.
Selon la situation et l’institution financière, d’autres arrangements peuvent également être envisagés par les parents pour détenir des placements au bénéfice d’un enfant mineur.
Ces solutions doivent toutefois être analysées avec prudence. La propriété des sommes, la fiscalité et les responsabilités associées à un compte détenu pour un mineur peuvent varier selon la structure utilisée.
Le REEE peut-il être intéressant pour un adolescent?
Lorsque l’objectif est de financer des études postsecondaires, le Régime enregistré d’épargne-études (REEE) mérite d’être examiné.
En 2026, la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE) de base correspond à 20 % des premiers 2 500 $ de cotisations admissibles effectuées pour un bénéficiaire, soit jusqu’à 500 $ par année. Des droits inutilisés peuvent permettre d’obtenir jusqu’à 1 000 $ de SCEE de base au cours d’une année, sous réserve des règles applicables. Le plafond cumulatif de la SCEE est de 7 200 $ par bénéficiaire.
Des montants supplémentaires peuvent également être disponibles selon le revenu familial. En 2026, les seuils de revenu utilisés pour la SCEE supplémentaire ont d'ailleurs été indexés.
Au Québec, l’Incitatif québécois à l’épargne-études (IQEE) peut également s’ajouter lorsque les conditions applicables sont respectées.
Pour certaines familles à faible revenu, le Bon d’études canadien (BEC) peut aussi être disponible, et aucune cotisation personnelle n’est nécessaire pour recevoir ce bon lorsque l’enfant est admissible.
Pour un adolescent, il est toutefois important de tenir compte de son âge puisque certaines règles particulières s’appliquent aux subventions lorsque le bénéficiaire approche de 16 ou 17 ans.
Un ado peut-il ouvrir un CELI?
Pas avant 18 ans.
Pour ouvrir un CELI, une personne doit notamment être âgée d’au moins 18 ans, être résidente du Canada aux fins fiscales et posséder un numéro d’assurance sociale valide.
Les droits de cotisation commencent à s’accumuler à partir de 18 ans pour une personne résidente du Canada.
En 2026, le nouveau droit annuel au CELI est de 7 000 $. Les droits inutilisés peuvent être reportés aux années suivantes.
Cela peut être intéressant à expliquer à un adolescent avant son 18e anniversaire : il n’est pas nécessaire d’avoir 7 000 $ disponibles pour commencer. Une fois admissible, il peut cotiser en fonction de ses moyens et conserver ses droits inutilisés.
Le CELI n’est toutefois pas un placement en soi. C’est une enveloppe fiscale dans laquelle différents placements admissibles peuvent être détenus.
Le CELIAPP est-il pertinent dès 18 ans?
Il peut l’être pour certains jeunes adultes, mais là encore, il ne faut pas le présenter comme automatiquement approprié.
Pour ouvrir un CELIAPP, une personne doit notamment être âgée d’au moins 18 ans, être résidente du Canada et répondre à la définition de premier acheteur d’une habitation applicable à l’ouverture du compte.
Le droit de participation commence seulement après l’ouverture du premier CELIAPP.
Le plafond annuel est de 8 000 $ et le plafond à vie des cotisations est de 40 000 $. Une partie des droits inutilisés peut être reportée selon les règles applicables.
Les cotisations admissibles peuvent généralement donner droit à une déduction fiscale et un retrait admissible pour l’achat d’une première propriété peut être effectué sans être inclus dans le revenu.
Mais à 18 ans, un jeune peut avoir d’autres priorités : études, fonds d’urgence, véhicule, voyage ou simplement constitution d’une première épargne.
Le CELIAPP doit donc correspondre à un projet et à une situation, et non simplement à l’âge du jeune.
Faut-il encourager son ado à acheter des actions ou des FNB?
Pas nécessairement.
Actions, fonds communs de placement et fonds négociés en bourse (FNB) peuvent faire partie des possibilités offertes à un investisseur lorsque son âge et le type de compte le permettent.
Mais aucun de ces produits ne devrait être choisi uniquement parce qu’il est populaire sur les réseaux sociaux ou présenté comme une façon facile de gagner de l’argent.
Avant d’investir, il faut notamment considérer l’objectif, l’horizon de placement et la tolérance au risque. L’AMF rappelle l’importance du profil d’investisseur dans le choix des placements.
Un jeune qui prévoit utiliser son argent dans quelques mois pour ses études ou l’achat d’une voiture n’a pas nécessairement le même horizon qu’une personne qui épargne pour un objectif situé dans plusieurs décennies.
C’est précisément cette réflexion qui constitue une bonne initiation à l’investissement.
Pourquoi faut-il parler des risques avec son ado?
Les jeunes sont particulièrement exposés à des contenus financiers sur TikTok, Instagram, YouTube et d’autres plateformes.
Certains peuvent donner l’impression qu’il est facile de s’enrichir rapidement grâce aux actions, aux cryptoactifs ou à certaines stratégies de négociation.
Apprendre à investir devrait donc aussi signifier apprendre à questionner l’information financière.
Quelques réflexes peuvent être enseignés tôt : comprendre dans quoi l’on investit, ne pas confondre rendement passé et résultat futur, se méfier des promesses de rendement élevé avec peu ou pas de risque et vérifier qu’une personne qui propose un placement est autorisée à le faire.
C’est probablement une compétence financière aussi importante que de savoir ouvrir un compte.
Faut-il commencer avec beaucoup d’argent?
Non.
L’apprentissage ne dépend pas nécessairement du montant investi.
Pour un adolescent, commencer avec de petites sommes peut permettre d’observer concrètement ce qui se passe lorsque l’on épargne régulièrement ou lorsqu’un placement fluctue.
Le montant approprié dépend évidemment de ses revenus, de ses dépenses et de ses projets.
L’objectif est de créer une habitude qu’il comprend et qu’il peut progressivement gérer lui-même.
Comment Actif santé financière peut-il accompagner votre famille?
Chez Actif santé financière, nous croyons que l’éducation financière peut commencer bien avant le premier salaire à temps plein.
REEE pour les études, puis CELI ou éventuellement CELIAPP lorsque le jeune devient admissible : les possibilités évoluent avec son âge et ses projets.
Notre équipe peut vous aider à mieux comprendre ces différents régimes et les options qui peuvent être envisagées en fonction de votre situation familiale.
Pour les placements, les produits autorisés sont offerts par l’intermédiaire d’Investia Services financiers inc., conformément aux inscriptions et autorisations applicables.
L’objectif n’est pas de pousser un adolescent à investir le plus tôt ou le plus possible, mais de l’aider à développer progressivement des connaissances et des habitudes financières qui pourront lui servir à l’âge adulte.
Les renseignements présentés dans cet article sont de nature générale et ne constituent pas des conseils personnalisés en matière de placement, de fiscalité ou de planification financière. Tout placement comporte des risques et doit être évalué en fonction notamment des objectifs, de l’horizon de placement et de la tolérance au risque de l’investisseur. Avant de prendre une décision d’investissement, consultez un professionnel dûment autorisé qui pourra tenir compte de votre situation.


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