REER ou CELI : pourquoi cotiser est parfois plus important que combien cotiser?


À l’approche de la période des REER, une question revient souvent : combien devrais-je cotiser à mon REER?
La question est légitime, mais elle ne devrait pas être la seule. Avant de déterminer un montant, il est utile de comprendre pourquoi vous cotisez et comment cette cotisation s’intègre à votre situation financière.
Le REER peut permettre de réduire votre revenu imposable aujourd’hui, mais les sommes retirées seront généralement imposables plus tard. Le CELI fonctionne différemment : les cotisations ne sont pas déductibles, mais les retraits sont généralement libres d’impôt.
Le choix entre REER ou CELI dépend donc de plusieurs éléments : revenus actuels et futurs, objectifs, horizon de placement, situation familiale, droits disponibles et besoins anticipés à la retraite.
En 2026, le plafond annuel maximal du REER est de 33 810 $, mais votre maximum déductible personnel peut être différent. Pour le CELI, le nouveau droit annuel est de 7 000 $, auquel peuvent s’ajouter les droits inutilisés des années précédentes.
Dans cet article, découvrez :
Pourquoi cotiser à un REER?
Le Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) est conçu pour favoriser l’épargne en vue de la retraite.
Les cotisations admissibles peuvent être déduites du revenu imposable, dans la limite de vos droits disponibles. Les revenus générés par les placements détenus dans le REER ne sont généralement pas imposés tant qu’ils demeurent dans le régime.
L’impôt est donc essentiellement reporté : lorsque des sommes sont retirées du REER, elles sont généralement ajoutées au revenu imposable de l’année du retrait.
C’est cette mécanique qui explique pourquoi la question ne devrait pas se limiter au remboursement d’impôt obtenu aujourd’hui.
Il faut également réfléchir à la place du REER dans votre stratégie à plus long terme et à la fiscalité qui pourrait s’appliquer lorsque les sommes seront retirées.
Combien peut-on cotiser à un REER en 2026?
Pour 2026, le plafond annuel maximal du REER est fixé à 33 810 $.
Attention : cela ne signifie pas que tout le monde peut cotiser 33 810 $.
Votre maximum déductible au titre des REER est personnel. Il dépend notamment de vos droits accumulés, de vos revenus gagnés des années précédentes et, le cas échéant, de certains ajustements liés à un régime de retraite.
Des droits inutilisés des années précédentes peuvent également être reportés.
Avant d’effectuer une cotisation importante, il est donc préférable de vérifier votre maximum déductible REER personnel plutôt que de vous fier uniquement au plafond annuel annoncé.
Et disposer de droits de cotisation ne signifie pas nécessairement qu’il faut tous les utiliser immédiatement. La pertinence d’une cotisation dépend aussi de votre situation fiscale et de vos objectifs.
REER ou CELI : comment les différencier?
Le REER et le CELI permettent tous deux de détenir de l’épargne et des placements à l’abri de l’impôt pendant qu’ils demeurent dans le régime, mais leur traitement fiscal est différent.
Avec le REER, une cotisation admissible peut donner droit à une déduction fiscale. En contrepartie, les retraits sont généralement imposables.
Avec le CELI, la cotisation n’est pas déductible du revenu. En revanche, les retraits et les revenus générés dans le régime sont généralement libres d’impôt.
En 2026, le nouveau plafond annuel du CELI demeure fixé à 7 000 $. Les droits inutilisés s’accumulent et les montants retirés sont ajoutés aux droits de cotisation le 1er janvier de l’année suivante.
Le CELI possède également une caractéristique intéressante à la retraite : ses retraits et les revenus qu’il génère n’ont pas d’incidence sur les prestations et crédits fédéraux fondés sur le revenu, notamment la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti.
Il n’existe donc pas de réponse universelle à la question « REER ou CELI? ». Les deux régimes peuvent d’ailleurs être complémentaires.
Le remboursement d’impôt devrait-il déterminer votre cotisation REER?
Pas à lui seul.
Une cotisation REER peut réduire votre revenu imposable et entraîner une économie d’impôt. Mais cette économie ne représente qu’une partie de l’analyse.
Par exemple, deux personnes qui cotisent le même montant peuvent obtenir des effets fiscaux différents selon leur revenu imposable et leur situation.
Il faut également se rappeler que la fiscalité est reportée, et non nécessairement éliminée : les retraits futurs du REER seront généralement imposables.
La réflexion devrait donc porter sur plusieurs questions :
Pourquoi cotisez-vous?
À quel moment aurez-vous besoin de cet argent?
Quelle pourrait être votre situation fiscale lorsque vous le retirerez?
Disposez-vous également de droits CELI?
Le montant du remboursement peut être intéressant, mais il ne devrait pas constituer à lui seul une stratégie de retraite.
Que se passe-t-il lorsque vous retirez de votre REER?
À l’exception de certains mécanismes prévus par les règles fiscales, les retraits d’un REER sont généralement imposables.
Contrairement au CELI, un retrait ordinaire du REER ne recrée pas les droits de cotisation utilisés.
Cette différence est importante lorsqu’on compare les deux régimes.
Le REER prévoit toutefois certains programmes particuliers. Le Régime d’accession à la propriété (RAP) permet actuellement de retirer jusqu’à 60 000 $ d’un REER pour acheter ou construire une habitation admissible lorsque les conditions sont respectées.
Une nouveauté 2026 mérite d’être signalée : le gouvernement a prolongé l’allègement temporaire relatif au remboursement du RAP pour les personnes effectuant un premier retrait entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2028.
Pour un premier retrait effectué en 2026, la période de remboursement de 15 ans commencerait ainsi en 2031.
Le RAP répond cependant à des règles particulières et ne doit pas être confondu avec un retrait REER ordinaire.
Quel rôle le REER peut-il jouer à la retraite?
Le REER est principalement un outil d’accumulation en vue de la retraite, mais il faut également réfléchir à son décaissement.
Un REER doit arriver à échéance au plus tard à la fin de l’année au cours de laquelle son titulaire atteint 71 ans. Parmi les possibilités prévues, les sommes peuvent notamment être transférées dans un Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), sous réserve des règles applicables.
Le FERR entraîne ensuite des retraits minimums annuels calculés notamment selon l’âge.
Ces retraits constituent généralement du revenu imposable.
C’est pourquoi une stratégie de retraite ne devrait pas uniquement chercher à accumuler le plus possible dans un REER. Elle doit aussi réfléchir à la manière dont les différents revenus seront éventuellement utilisés et imposés à la retraite.
Le REER, le CELI, les régimes de retraite et les prestations gouvernementales peuvent alors être considérés ensemble.
REER ou CELI : faut-il nécessairement choisir?
Pas nécessairement.
Présenter le REER et le CELI comme deux produits concurrents simplifie excessivement la question.
Une personne peut utiliser les deux régimes pour des objectifs différents. Selon sa situation, elle peut également privilégier temporairement l’un avant de réorienter son épargne plus tard.
L’âge ne suffit pas non plus à déterminer le meilleur choix.
Le niveau de revenu, l’évolution anticipée de celui-ci, les projets à court et à long terme, la situation familiale, les droits disponibles et les besoins de liquidités peuvent tous influencer la décision.
La bonne question n’est donc pas uniquement « REER ou CELI? », mais plutôt :
« Quel rôle chacun des régimes peut-il jouer dans ma stratégie financière? »
Comment déterminer une stratégie REER adaptée à votre situation?
Il n’existe pas de montant de cotisation idéal pour tout le monde.
Une stratégie peut notamment tenir compte de vos revenus actuels, de votre situation fiscale, de vos droits REER et CELI disponibles, de votre horizon de placement, de vos projets et des revenus que vous pourriez recevoir à la retraite.
Une cotisation importante n’est donc pas automatiquement préférable à une cotisation plus modeste.
De la même manière, chercher uniquement à obtenir le remboursement d’impôt le plus élevé possible ne permet pas nécessairement d’évaluer l’ensemble des conséquences à long terme.
L’objectif consiste plutôt à comprendre pourquoi vous cotisez aujourd’hui et comment cette décision s’intègre à vos projets futurs.
Comment Actif santé financière peut-il vous accompagner?
Chez Actif santé financière, nous commençons par comprendre votre situation, vos objectifs et vos projets avant d’aborder les différentes stratégies qui peuvent être envisagées.
La réflexion peut notamment porter sur vos droits REER et CELI, votre situation fiscale actuelle, votre horizon de placement et la façon dont vos différentes sources de revenus pourraient s’intégrer à votre retraite.
Nous prenons également le temps de vous expliquer les solutions envisagées et les raisons qui les motivent afin de vous aider à prendre des décisions éclairées.
Selon vos besoins, l’accompagnement peut faire intervenir des professionnels détenant les titres et autorisations appropriés. Pour les placements, les fonds communs de placement, les produits du marché dispensé et les fonds négociés en bourse autorisés sont offerts par l’intermédiaire d’Investia Services financiers inc., conformément aux informations publiées sur notre site.
La question n’est donc pas nécessairement de savoir combien cotiser au REER, mais de comprendre pourquoi, quand et comment cette cotisation s’intègre à votre stratégie financière.
Les renseignements présentés dans cet article sont de nature générale et ne constituent pas des conseils personnalisés en matière de placement ou de fiscalité. Avant de prendre une décision, il est recommandé de consulter un professionnel dûment autorisé qui pourra tenir compte de votre situation personnelle, de vos objectifs et de votre horizon de placement.



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